Pour que tous puissent chanter : La méthode Ward

 

La musique devient source de vitalité et de joie du moment que l’enseignement soit gradué avec soin.

Les enfants apprennent par imitation, donc les éducateurs doivent avoir reçu une formation afin de donner des exemples de qualité suffisante.

 Les principes : chaque « nouveauté » musicale devient fonctionnelle chez un enfant à condition :

  • Qu’elle soit bien préparée

  • Qu’elle soit en rapport avec ce qui a été étudié

  • Qu’elle soit basée sur le principe « du connu à l’inconnu relatif »

  • Qu’elle fasse appel à l’activité sensible

 Ainsi, la musique devient une sorte d’aspiration intérieure animant la vie émotive de l’enfant.

 

Apprentissage par l’action et le geste : participation active de enfants

La maîtresse se tient à l’écart comme un agent catalyseur, stimulant, encourageant et guidant ses élèves. Grâce aux exercices d’observation et de mémorisation, la vue, l’ouïe et les muscles sont sensibilisés, prêts à fonctionner au maximum de leur puissance.

 

Principe pédagogique : séparation des éléments

Le timbre (qualité du son) :

Chaque enfant va découvrir et développer sa voix chantante afin qu’elle devienne un instrument de belle qualité. Cela rejaillira immanquablement sur sa voix parlée, lui permettant une meilleure insertion sociale grâce à une communication verbale agréable.

La pose de la voix sera effectuée par imitation de la maîtresse ou d’un des enfants pourvu d’une belle voix. Elle sera respectueuse de la tessiture des enfants (dans la portée de clé de sol ; pas au-dessous du mi grave et pas au-dessus du mi aigu). Une attention particulière sera apportée à la respiration et à la posture debout afin de corriger les défauts (élimination des mouvements inutiles et ancrage au sol des deux jambes).

 

Le rythme : c’est l’âme d’une composition musicale

Ce n’est pas une série de pulsations comme on l’entend parfois mais « l’ordonnance du mouvement » comme le définit Platon. Il n’existe que par la mise en relation de deux éléments, l’un en élan, l’autre en retombée. C’est le sens donné à la battue de la mesure ou la chironomie grégorienne.

 

Le geste rythmique :

C’est par les gestes et les mouvements de tout le corps mettant en jeu les plus grands muscles que le sens rythmique pourra le plus facilement s’éveiller et se former. Les gestes font naître le vrai sens du rythme et l’impression musculaire qui en résulte exerce son influence sur tout le travail musical. Plus le geste sera beau, plus la qualité musicale augmentera. De plus, la mobilité maîtrisée des membres supérieurs est un atout autant pour la pratique des instruments de musique que pour les métiers manuels.

 

Le geste métrique (ou pulsation) permet d’établir l’exacte durée des sons et des silences.

 

La notation : plusieurs systèmes sont utilisés

  • Le geste mélodique réparti les notes de la gamme sur le devant du buste depuis la ceinture abdominale (pour la tonique) jusqu’aux yeux (la dominante) et même au-delà par un geste approprié pour les plus jeunes enfants.

  • Ensuite, la notation sur les doigts des deux mains développant l’habileté des dix doigts, bien utile pour les claviers, l’écriture, etc. …

  • La notation chiffrée représentant les degrés de la gamme

  • La notation sur portée conduisant à la lecture des partitions classiques.

 

Dynamique et expression ne sont pas oubliées car on exigera des nuances de la part des enfants afin d’obtenir des voix douces et légères.

 

Activité créative : A tout s’ajoute également un temps d’activité créative permettant de développer les talents d’invention des enfants.

 

Conclusion :

C’est une méthode éducative adaptée aux mères de familles et aux enseignantes qui veulent construire un projet pédagogique autour de la musique. Plusieurs l’utilisent déjà. La formation à cette méthode est proposée par la Schola St-Grégoire du Mans et par le Centre Grégorien Saint-Pie X.

 

Interview de M. Gélineau par M. l'abbé Lorans